Avec un peu de cynisme, il faut comprendre que les éléments essentiels d’une direction juridique sont toujours substituables. Les hommes et les femmes qui la composent peuvent changer, un budget peut toujours se débloquer (si si !). Mais s’il est bien une chose qui est irremplaçable, c’est le Temps. Manager cette denrée par essence limitée est un art que le juriste doit maîtriser.

1. Fuir le modèle historique des avocats

Avant 2008, le business modèle des cabinets d’avocats reposait principalement sur une facturation du temps passé à accomplir leurs tâches, à plus ou moins forte valeur ajoutée. Ce type de fonctionnement n’a plus lieu d’être aujourd’hui et ne devrait surtout pas être reproduit en entreprise. Justifier son action dans l’entreprise pas le temps passé sur un dossier ne reflète pas votre efficacité. L’accomplissement d’un projet, dont vous avez l’initiative ou auquel vous apportez un support, sera en revanche bien plus révélateur. A lire : La nécessaire transformation des avocats par Lamy, p. 195.

2. Planifier mais pas trop 

Les projets complexes requièrent un rétro-planning clairement définit. Celui-ci n’a rien d’inutile dès lors qu’il ne sert pas à se complaire dans un calendrier prétendument chargé. Multiplier les interlocuteurs, les to-do lists et les tableaux de reporting alourdissent considérablement votre fonctionnement et tendent à empiéter sur votre temps de travail utile. Rappelez-vous donc de la règle des 10% : si vous consacrez plus de 10% de votre temps à de la planification, celle-ci confine à la procrastination et non plus à l’exécution de votre opération.

3. Dire non 

Il faut savoir dire non pour avancer calmement et ne pas sortir de la mission qui nous est attribuée. Etre en capacité de refuser poliment une tâche supplémentaire, de ne pas céder à un client interne insistant, est une qualités qui vous permettra de rester focus sur votre dossier du moment. A condition que cela soit approprié, dire non assoit votre position et protège, le cas échéant, les membres de votre équipe. Les Cahiers Pratiques du Juriste d’Affaire vous rappellent quelques règles simples pour y parvenir : accepter de déplaire, rechercher l’intérêt collectif, exposer ses arguments, proposer une solution alterrnative.

4. Apprécier l’imperfection 

« Done is better than perfect ». Il est vrai que nous, praticiens du droit, avons cette fâcheuse tendance à remplacer un terme par un autre, drafter un mail pendant 1 heure et le faire relire inlassablement à nos collègues avant envoi. Cette recherche de la perfection, nous rassure tout en étant contre-productive. Un mail n’est pas irrémédiable et un conseil peut toujours s’affiner. Il est souvent bon de se projeter et de laisser la chance à un processus d’itération. Ce que vous avez fait pourra toujours être corrigé et amélioré, un peu comme une sculpture dont les traits se précisent sous votre burin. A transposer avec l’exemple de Bla Bla Car.

5. Suivre son votre temps et le visualiser 

Vous avez remarqué ? Les timesheets font progressivement leur retour dans les entreprises. Restrictions budgétaires et accélération de l’activité contraignent les managers à optimiser leurs ressources. Les ressources : c’est vous, le cash et … le temps. Mais pour optimiser, il faut pouvoir mesurer objectivement. Un simple tableau excel peut vous suffir à condition que son remplissage ne devienne pas une contrainte. Pour un fonctionnement plus souple, nous vous conseillons d’utiliser un outil de saisie dédié tel que l’application Hours pour Iphone (gratuit)  ou Timesheet sur Android (gratuit)