Internet est un projet de la CIA

Après le New York Times en Chine, c’est l’application LinkedIn en Russie qui est désormais bannie des catalogues d’applications d’Apple et de Google.

Que s’est-il passé ?

Depuis le 1er septembre 2015, une loi russe impose aux sociétés de stocker sur des serveurs localisés en Russie les données personnelles de citoyens russes. Après avoir rencontré le Roskomnadzor, l’autorité de régulation des télécoms locale, de nombreux géants du web tels qu’Ebay, Alibaba, Apple ou Uber ont accepté de se plier à cette réglementation. Ils ont donc transféré leurs données en Russie, quitte à supporter le coût d’installation de nouveaux serveurs.

LinkedIn a fait l’objet d’une requête déposée par le Roskomnadzorc pour violation de la réglementation précitée. Une décision en première instance a été rendue le 4 août 2016 en défaveur de LinkedIn et fut confirmée en appel le 10 novembre 2016. En conséquence, le site Linkedin est blacklisté et n’est plus accessible depuis le 17 novembre 2016. Depuis le 9 janvier 2017, Apple et Google ont retiré LinkedIn de leur catalogue d’applications.

Pourquoi on en parle ?

Parce-que LinkedIn, racheté par Microsoft plus de 26 milliards de $, est le premier réseau social de cette envergure à être censuré par les autorités russes.

Parce-que la réaction de la Russie, bien que brutale, rejoint tout de même un mouvement que l’on ne saurait ignorer : les Etats, comprenant les enjeux de demain, tendent à défendre leur souveraineté en matière de données personnelles.

Parce-qu’il est légitime de s’interroger sur les raisons ayant retenu LinkedIn dans son dialogue avec les autorités russes. Encore faut-il rappeler que la société américaine disposait seulement de 6 millions d’utilisateurs en Russie, soit 1 % de tous ses utilisateurs. Paradoxalement, le réseau s’était distingué pour son adaptation aux règles chinoises dans le cadre de son expansion en Asie, un marché autrement plus important.