Ce que Samsung a déjà changé face au scandale

« We apologize for the social controversy and distress we have caused »

Samsung Group Executive – Vice President Lee June

Ce mardi, Lee Jae-Yong, considéré comme l’héritier de l’empire Samsung, a été officiellement mis en examen pour corruption, détournement de fonds, dissimulation d’actifs à l’étranger (…) et parjure ». C’est sûr, le contexte sud coréen incite les entreprises locales à revoir leurs standards en matière d’intégrité.

En quelques mois, le Choigate a déjà donné lieu à la destitution de la Présidente Park Geun-hyele, qui doit encore être validée par la Cour Constitutionnelle. Dans son sillon, l’affaire a entraîné une enquête sur Samsung, accusé d’avoir versé indirectement près de 40 millions de $ de pots-de-vins à Choi Soon Sil en contrepartie de faveurs politiques.

Entre temps, les photos du prochain smartphone phare de Samsung inondent internet en plein Mobile World Congress. De quoi faire oublier la réforme discrète de la gouvernance du géant sud-coréen (source) qui mérite pourtant que l’on s’y attarde :

> la dissolution de son Corporate Strategy Office, un bureau stratégique mis en place depuis 1958. Cette mesure met fin à une structure en apparence très centralisée et une évolution vers une gestion plus autonome de ses filiales.

> la suppression du département Affaires Publiques qui assurait le lobbying auprès des représentants d’intérêts, dont les membres du Parlement, le Gouvernement et les autorités locales. Cette fonction serait désormais assurée par des cabinets d’avocats.

> la démission des Vice-Président et Président de Samsung Group, Choi Gee-sung et Chang Choong-ki.

> l’exigence d’une approbation préalable du board pour les « donations » dépassant 830 millions €. Eu égard à la récente loi restreignant drastiquement les cadeaux d’affaires en Corée du Sud, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence du seuil retenu et de cette procédure. A lire tout de même, le communiqué officiel de Samsung.

Ces mesures correctives et préventives, trouveront peut être un écho original au sein des directions juridiques des entreprises françaises. En effet, nombreuses sont celles qui travaillent actuellement pour l’adoption d’un programme de compliance anti-corruption en application de la loi Sapin 2.